Cru 101 - Planification de menu
Avec l'ouverture sur l'alimentation vivante et crue, souvent vient l'éveil au pouvoir curatif, nutritif en plus des propriétés esthétiques, gustatives, sensorielles voire sensuelles des aliments. En essayant de planifier un menu sensé, équilibré et intéressant, plusieurs perdent les pédales : il y a tellement de facteurs à prendre en considération! Lesquels? Lors de la création de menus en alimentation vivante et crue, nous voulons tout spécialement équilibrer les saveurs, les textures et l'apparence en tenant compte des préférences des personnes pour qui nous préparons le menu ainsi qu'offrir une nutrition optimale, en pensant à la fraîcheur, la provenance (de culture biologique ou industrielle?) et à la digestibilité des ingrédients inclus (combinaisons alimentaires, teneur en gras, etc.).
La plupart d'entre nous, dès lors que nous nous intéressons à notre alimentation un tant soit peu, exigerons les ingrédients les plus frais, les plus mûrs, les plus nutritifs que nous puissions trouver, et préférons de loin acheter local. Nous chercherons aussi à limiter autant que possible le sel et le gras. Oui, oui, même les bons gras! Ils ne devraient pas constituer plus de 30 p. cent des calories du menu. Ça peut paraître beaucoup pour certains, qui préféreront ajuster ce chiffre à la baisse, mais nous parlons ici de maximum. Outrepassez ce seuil, et vous risquez de ne pas obtenir suffisamment de nutriments dans votre alimentation vivante et crue parce que les gras, bien que donnant un sentiment de satiété assez rapidement, ne fournissent pas tous les nutriments indispensables à une santé éclatante.
Et en plus, comme si toutes ces considérations n'étaient pas suffisantes, il y a l'éternelle et obligatoire pensée pour notre portefeuille! Lorsque les sous se font rares, plusieurs opteront naturellement pour des aliments moins dispendieux, cultivés soi-même (et donc plus nourrissants!) en délaissant les produits plus exotiques (toujours plus dispendieux).
Finalement, pensez aux couleurs... Il y a tellement un bel éventail de couleurs dans les fruits et les légumes, que la préparation d'un menu aboutit invariablement à un bel arc-en-ciel nutritif. Le vert devrait dominer, afin d'obtenir un maximum de nutrition des menus planifiés.
Avant de passer en revue les diverses méthodes de planification de menu, Voici les principales considérations dont il faut tenir compte afin d'obtenir un menu équilibré nutritionnellement autant que crulinairement parlant.
- De l'ordre, s.v.p.! - Commencez le repas avec des plats aux saveurs subtiles. Les saveurs plus prononcées diminuent la capacité de distinguer les nuances plus subtiles. Donc, le menu devrait atteindre son paroxisme gustatif vers la fin du repas, et non au début.

- Surveillez vos quantités. - Il faut prévoir suffisamment de nourriture pour tout le monde, mais pas trop non plus pour que les gens se sentent lourds à la fin du repas, ou qu'il y ait du gaspillage.
- File le temps. - Soyez réaliste dans la planification de vos menus. Un plat gourmet, qui requiert plus de temps de préparation, pourrait être la vedette du menu. Le reste des plats du menu devraient alors être plus simples, moins gras et plus rapides à préparer.
- Tchi-tching! - Hey oui... Platement, il faut penser au coût de tout ce beau menu, même en alimentation vivante et crue! Pensez local (souvent moins dispendieux). Optez pour des graines au lieu de noix exotiques. Cultivez vos propres germinations. Achetez en gros ce qui se conserve.
- Planifications colorées. - Si le vert doit dominer afin d'assurer un apport nutritif adéquat, les autres couleurs doivent tout de même faire bonne figure, stimulant imagination, appétit et plaisir! De plus, la variété des couleurs apporte un plein complément de phytonutriments, comblant ainsi tous les besoins nutritionnels de l'humain.
- Intéressantes textures. - Un joyeux contraste de textures, crémeux avec croustillant par exemple, fera toujours fureur, ajoutant au plaisir crulinaire du menu.
- Équilibre de saveurs. - Pour un menu pleinement satisfaisant, pensez à inclure des figurants dans chacune des catégories suivantes : salé, sucré, amer, aigre et relevé (piquant). Si certains plats sont très relevés, agrémentez-les de plats plus doux.
- Nutrition optimale. - Lors de la planification des menus habituels de la famille, il faut de toute évidence veiller à ce que les repas et les collations fournissent tout ce que le corps humain requiert pour fonctionner optimalement. Les menus élaborés pour des occasions peuvent, si on le désire, passer outre.
- Combines. - Pour que les menus soient facilement digestibles pour tous, que l'assimilation soit aisée et que les souvenirs du menu soient ceux des savoureux petits plats consommés et non de l'indigestion résultante, soyez au moins conscient/e des principes de combinaisons alimentaires, tels qu'ils s'appliquent en alimentation vivante et crue. Pas toujours facile, mais parfois l'exercice intellectuel peut, à lui seul, résulter en de joyeuses découvertes. Et ce n'est certes pas une obligation. Certains préfèrent ne pas y penser.
La planification de menus équilibrés agira comme une assurance-santé pour vous et les vôtres. Ce travail vous vaudra d'être comblé/e tant au point de vue nutritionnel que crulinaire. Voici quelques manières de procéder qui ont fait leurs preuves.
- Planification quotidienne faite la veille - On planifie ce qu'on mangera le lendemain. Ces menus sont souvent influencés par ce qu'il y a au potager, si on en cultive un, ce qu'on trouve au marché local sur le chemin du retour à la maison, ce que contient le frigo et du temps qu'on pense avoir pour préparer les repas. Procéder de cette manière permet de planifier le trempage des noix et des graines pour la journée suivante.
- Planification hebdomadaire - On planifie ce qu'on mangera chaque jour de la semaine. On tient habituellement compte des soldes, des offres du marché local, de la production saisonnière du potager ainsi que des restants d'une journée à l'autre. Cette méthode permet la préparation de certaines choses à l'avance afin de réduire le temps passé dans la cuisine certains jours plus occupés que d'autres ainsi que la préparation de menus contenant des mets qui nécessitent plus de temps de préparation (comme la déshydratation ou la fermentation).
- Planification d'une banque de menus - On planifie ici plutôt un bassin de recettes parmi lesquelles on pigera au gré de notre inspiration, de nos trouvailles au marché ou de ce qui reste au frigo. Il s'agit généralement d'une douzaine de recettes faciles, simples et que tout le monde apprécie. Ça peut prendre un certain temps à établir la réserve de recettes mais une fois finalisée, la préparation des repas ainsi que les emplettes deviennent très faciles à organiser. Et si on a le goût d'improviser, on peut prévoir une journée spécifique à cette effet, en s'assurant, bien entendu, d'aller faire les emplettes en conséquence.
Personnellement, je suis une mordue de la planification hebdomadaire. C'est mon p'tit plaisir du dimanche après-midi. Je feuillette mes innombrables livres de recettes vivantes et crues, et je rêve de bons p'tits plats à expérimenter dans la semaine qui suit! Je navigue sur le Web en quête de nouveauté, d'originalité et d'inspiration en alimentation vivante et crue. Je peux ainsi planifier le trempage des noix et des graines et toujours avoir ce qu'il faut pour chaque recette. Je prépare les craquelins et remplis le déshydrateur (au lieu d'y aller un plateau à la fois). Je prends le temps de tout mettre dans un agenda électronique avec rappels sonores (Hey oui! C'est beau planifier, mais encore faut-il s'en souvenir!).
À chacun son style, un n'étant pas mieux que l'autre, seulement mieux adapté à notre personnalité, notre situation et notre famille.
Bises planifiées


